"Axa a joué les lessiveuses"

Publié le par Mister K

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"Axa a joué les lessiveuses"

Entre 2002 et 2003, comme Gérard Faure, plusieurs dizaines de clients provençaux d’Axa portent plainte. D’après les enquêtes menées par le SRPJ de Marseille, le modus operandi consiste en des détournements complets ou partiels, au profit de tiers, de bons de capitalisation au porteur "remis par les victimes ou subtilisés par le mis en cause, en raison de leur âge avancé et de la confiance totale qu’elles manifestaient envers ce dernier". Depuis 2003, André D. est mis en examen pour "abus de confiance, faux en écriture privée et usage, escroquerie aggravée et abus de faiblesse". Il attend toujours son procès. Trois juges d’instruction se sont succédé sur le dossier.

En septembre, c’est un quatrième et nouveau magistrat qui doit l’étudier au tribunal d’Aix-en-Provence. C’est parce qu’il a "la conviction qu’Axa a opéré des transferts de fonds illicites" que, le 12 juillet dernier, Me Jean-François Ceccaldi, qui compte une dizaine de clients dans ce dossier, a déposé plainte devant le procureur d’Aix pour "blanchiment aggravé de capitaux" à l’encontre de la société d’assurances. En clair, l’avocat accuse Axa d’avoir fait office de "machine à laver". Si la notion de blanchiment induit une provenance douteuse des fonds, les clients de Me Ceccaldi ne sont pas pour autant de dangereux criminels: "La plupart sont de petits commerçants qui ont travaillé dur toute leur vie, explique l’avocat. Certains, c’est vrai, ont été négligents avec le fisc et avaient l’intention de blanchir du liquide. Mais en encaissant à répétition et à grande échelle autant d’argent sans se soucier de sa provenance, Axa a joué les lessiveuses."

La compagnie reconnaît plus de 80 victimes

Partie civile dans le dossier car elle se considère comme victime des agissements de son ancien salarié, "Axa n’a jamais fait l’objet d’une condamnation pénale", affirme son directeur juridique, Dominique Rouquayrol de Boisse. Pourtant, dans un document transmis au juge d’instruction, et dont l’existence est confirmée par Axa, la compagnie reconnaît plus de 80 victimes dans ce dossier. L’assureur s’emploie aujourd’hui à négocier avec ses clients "qui n’ont pas engagé de procédure judiciaire" en échange de l’abandon de poursuites. Les autres doivent attendre les expertises judiciaires ou les jugements pour espérer réparation.

"Dans ce dossier, un tiers des victimes ont été indemnisées et 50% des dommages remboursés", assure le directeur juridique d’Axa. De son côté, le parquet d’Aixen- Provence a pris acte cette semaine de la plainte de Me Ceccaldi. Quatre options s’offrent désormais au procureur: soit il provoque une enquête préliminaire avec audition des divers protagonistes; soit il saisit le juge d’instruction en charge du dossier ; soit il transmet l’affaire à son homologue de Paris, là où "le blanchiment aggravé" aurait été commis, au siège d’Axa. Ou, dernière éventualité, il classe l’affaire sans suite. Mais cela, Gérard Faure, 75 ans aujourd’hui, n’ose l’imaginer. Avec 1.050 euros de pensions pour son couple et "600 euros de crédit mensuel sur le dos", la retraite de l’artisan boucher est loin d’être celle dont il avait rêvé après une quarantaine d’années sacrifiées à son métier: "Quand on travaille cent heures par semaine pour en arriver là…

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"Soyez prudents chers lecteurs"

Mister K

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