Ancien courtier, Jean-Pierre Esnault, parle des assurances

Publié le par Mister K

IMG_2372_2.JPGLe Point : Ancien courtier, vous avez créé, en 1993, un cabinet de défense des assurés. Pourquoi ? 
Jean-Pierre Esnault : Le courtier, à la différence de la compagnie d'assurances, assume un véritable rôle de conseil de l'assuré. J'ai quitté cette fonction après l'avoir exercée pendant près de vingt ans. J'ai pris conscience à cette époque que le métier d'assureur n'avait plus rien de commun avec celui de mes débuts. Le principe même de l'assurance était remplacé par celui, plus lucratif, du tiroir-caisse. Les compagnies ne cherchaient plus qu'à encaisser des primes et à les faire fructifier, et ce aux dépens du principe de justice et de solidarité qui devrait présider à la conclusion d'un contrat d'assurance. 
Le Point : Aujourd'hui, quelles sont les principales critiques que vous formulez à l'encontre des assureurs ? 
Jean-Pierre Esnault : En fait, seul le « prospect » est l'ami de l'assureur ! Dès qu'il rentre dans un fichier clients, il est déjà considéré comme un ennemi potentiel, puisque susceptible de réclamer une indemnité. Dès que le risque se réalise, la victime devient le client à éliminer, puisqu'il diminue le profit de l'assureur. Tous les moyens légaux peuvent être employés selon la nature du sinistre, son montant et la « qualité de l'ennemi à abattre ». Ces méthodes de gestion ajoutent parfois le désespoir moral à la détresse financière de l'assuré. 
Le Point : Pourquoi les assurés mécontents ne se manifestent-ils pas davantage ? 
Jean-Pierre Esnault : Beaucoup de contrats d'assurance prévoient une garantie « Protection juridique », ce qui endort la méfiance des assurés. Ceux-ci pensent en effet qu'ils peuvent être défendus gratuitement. C'est vrai, sauf contre leur propre assureur, car ce cas de figure est exclu des contrats ! Il existe toutefois deux associations organisées qui sont la Ligue des droits de l'assuré et l'Association des usagers de l'administration, qui vient de créer un département spécial. Enfin, un certain nombre d'agents généraux ou de courtiers, découragés par l'attitude des assureurs, m'ont déjà contacté afin que nous unissions nos forces. 
Gérant d'Agsa, société d'assistance et de conseil aux assurés, basée à Tours. (Propos recueillis par Irène inchauspé) 

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Fred 21/04/2017 11:57

Très souvent, obligé d'être assuré. Le plus terrible, c'est que aucun avocat ne se place du côté du "consommateur", avec une justice qui cautionne !